Les sécheresses récurrentes constituent l’un des principaux facteurs de vulnérabilité des systèmes pastoraux au Burkina Faso, en particulier dans la région de la Boucle du Mouhoun. Cette étude vise à analyser l’impact des sécheresses sur les ressources pastorales en mobilisant une approche intégrée combinant l’indice standardisé des précipitations (SPI) et l’indice de santé de la végétation (VHI). Les données climatiques CHIRPS (1981–2023) et les données satellitaires NOAA/NESDIS (1981–2024) ont été exploitées pour caractériser l’évolution des anomalies pluviométriques et du stress végétal sur plus de quatre décennies. Le SPI a permis d’identifier quatre années critiques (1984, 1995, 2014, 2021) reflétant différentes intensités de sécheresse, tandis que l’analyse du VHI pour les mois de juin, juillet et août a révélé une dégradation progressive des pâturages, mais également des dynamiques différenciées selon les zones géographiques. Les résultats montrent qu’au-delà des sécheresses extrêmes historiques, les épisodes récents, même modérés, ont entraîné des impacts disproportionnés sur la végétation, suggérant une perte de résilience écologique. De plus, le gradient nord–sud caractéristique de la région tend à s’effacer, signalant une homogénéisation du risque pastoral. En conclusion, l’étude souligne la nécessité d’intégrer les deux indices dans un système d’alerte précoce, de renforcer la gouvernance et la gestion territoriale des ressources, et de promouvoir la restauration écologique afin de préserver la durabilité des systèmes pastoraux et la sécurité alimentaire des populations.